Ma vie créative : parlons confiance en soi

Se dépasser
15 mars 2017 / By / , , , /

Il y a quelques jours, je vous ai demandé votre avis sur le blog et wouah, vous avez été tellement nombreux à répondre que ça m’a fait quelque chose. Merci, je mesure la chance d’avoir des lectrices (et aussi quelques lecteurs) comme vous qui me poussent à avancer.

Parce que sans vous et sans ce petit questionnaire, je n’aurais peut-être pas osé lancer cette série de billets qui me trottait dans la tête depuis un petit moment sur la créativité (j’ai essayé de trouver un nom du tonnerre sans résultat pour l’instant).C’est un sujet qui me passionne, j’aime entendre les témoignages de ceux qui ont décidé de vivre de leur créativité, je lis beaucoup de choses sur ce sujet et j’expérimente moi-même. MAIS j’hésitais à en parler ici. Est ce que cela allait être suffisamment intéressant et surtout, qui étais-je moi, pour parler de ce sujet ? Je ne suis pas un chercheur en psychologie, ni un grand artiste, ni même un expert de ce domaine …

Mais là, il se trouve qu’à 96,8% (c’est à dire presque tout le monde, OMG), vous avez répondu que vous aimeriez lire des articles sur la créativité. Et je crois que je me suis moi-même mise dans une situation qui me contraint à accepter ce challenge, vous parler de créativité même si je n’ai aucune qualification pour le faire hormis le fait d’être intéressée par le sujet. J’espère que ces billets seront également l’occasion de partager  et d’échanger. En fait, je les vois plutôt comme des introductions et des réflexions et je vous invite à commenter l’article pour me parler de votre point de vue sur le sujet pour que cela soit encore plus chouette.

Où l’on parle de confiance en soi

Comme vous avez lu le titre de ce tout premier article, vous n’allez pas être étonné par la suite. Le comportement que je vous décris en introduction de l’article est typique d’un manque de confiance en soi, non ? Et pour développer sa créativité, il en faut ! C’est même primordial, si vous voulez mon avis.

Prenons un exemple concret pour illustrer ça. Imaginons que tout d’un coup, j’ai une idée. Quelques secondes plus tard, sans même en avoir conscience parfois, je vais émettre un jugement sur ma propre idée qui peut être “Wouah, c’est génial !” ou “C’est l’idée la plus pourrie du siècle” ou toutes les nuances possibles entre les deux. Moi, j’ai plutôt tendance à douter de la génialitude de mes idées en règle générale. Il parait que c’est normal, le dernier Flow en parle justement très bien et de Van Gogh à Jodie Foster, on serait beaucoup sur Terre à douter (alors que sincèrement, je ne doute pas – moi – de leur talent). Il paraît même que c’est plutôt bien et que l’incertitude permet d’avoir un esprit plus critique envers soi-même, de travailler pour s’améliorer et d’être moins arrogant (ce qui est plutôt bien) – (achetez Flow N°15, lisez l’article page 11, c’est un très chouette sujet).

Pourtant si je n’ai pas confiance en moi (genre pas du tout) et que je trouve la plupart de mes idées bancales (voir carrément à chier), moi, je ne vais pas plus loin. L’idée est morte-née. Basta, on en parle plus.

En permanence, je cherche donc des moyens d’appuyer sur le bouton “pause” de mon propre jugement et de laisser quelques idées voir le jour, au moins pour quelques semaines, histoire de tester un truc nouveau.

Comment j’appuie sur “pause”

Je ne laisse pas mon idée toute seule avec moi

Quand je travaille sur nos projets pour Do it Yvette avec Amélie et Marjorie, il se passe un truc magique. Quand l’une propose une idée, il arrive fréquemment que les deux autres enchérissent et la complètent. Généralement, on finit ce petit jeu de ping-pong à idées par avoir des étoiles dans les yeux et l’envie dévorante de démarrer le projet.

Quand je travaille seule, c’est pas du tout la même chanson évidemment, mais depuis que j’ai pris conscience de ça, je m’efforce de parler de mes projets pour susciter des réactions et voir si d’autres personnes sont aussi emballés que moi.

Il y a plusieurs façons de faire, je peux en parler à des amis ou à ma famille, poser des questions sur les réseaux sociaux ou organiser un petit sondage comme ici. Il m’arrive aussi d’en parler à des personnes qui ne sont pas liés à mon entourage proche, au détour d’une conversation lors d’un événement par exemple. C’est souvent très instructif et cela me permet d’enrichir ma propre réflexion.

Je me lance sans échafauder un plan quinquennal

Auparavant, j’avais tendance à essayer d’avoir un plan super construit avant de lancer un projet, même personnel. Conclusion, à force d’essayer de penser à tout, je finissais souvent par identifier toutes les raisons de ne pas le faire. Alors qu’en me lançant sans (trop) réfléchir, je me laisse la liberté de changer de plan (vu qu’il n’y a pas de plan !)

J’imagine le “scénario du pire”

J’en ai déjà parlé ici mais quand j’hésite à me lancer, j’aime me poser cette simple question “que pourrait-il arriver de pire ?”. Souvent après réflection, je m’aperçois qu’il ne peut pas se passer grand chose et que même si je me plante, j’aurais appris quelque chose ou je me serais amusée.

Par exemple, dans le pire des cas, cet article ne vous intéressera pas et … c’est tout ! Rien de bien grave ^__^

Je tiens un journal de mes satisfactions quotidiennes

Dans mon cas, il s’agit d’un calendrier en ligne où j’essaie (car je n’arrive pas à m’y restreindre tous les jours) de noter ce qui m’a rendue fière ou heureuse aujourd’hui. Cela peut être un objectif que j’ai réalisé, une étape que j’ai passé, une discussion que j’ai eu, quelque chose que j’ai appris aujourd’hui, … ou même un petit bonheur personnel.

En fait, c’est un peu comme une to-do liste mais pour les choses qui sont déjà faites. J’aime l’idée de garder une trace des petits pas que je fais quotidiennement et que j’oublie sinon. Je me suis aperçue que cela m’aidait à avancer aussi et à forcer mon esprit à voir les choses de façon beaucoup plus positive. Ainsi, je peux regarder l’avenir avec une plus grande confiance en moi.

Et vous ?

Pensez-vous que la créativité demande de la confiance en soi ? Expérimentez-vous ce manque de confiance qui vous bloque dans vos projets ? Et comment appuyez-vous sur “pause” ?

Oui, je suis curieuse (cette petite phrase était même ma bio sur Twitter pendant un certain temps), je veux tout savoir !

EDIT : il y a pas mal d’échanges sur mon compte Instagram et je vous invite si le sujet vous intéresse à consulter la photo et les réactions à propos de cet article juste ici en plus des commentaires ci-dessous!

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18 Comments

  1. C’est un sujet tellement intéressant !

    Je crois que la vie n’est qu’un « work in progress » et que nos réussites ne sont que le fruit de nos échecs successifs avant d’y arriver. Quand je me lance dans un projet, je laisse souvent infuser l’idée quelque temps en réfléchissant aux détails pour la mettre en oeuvre. Et même si ça ne fonctionne pas, j’aurai appris quelque chose ( bon, là, j’ai 5kg de ciment coincés dans un moule en inox pourtant bien huilé – je ne sais pas ce que ça m’apprend pour l’instant, si ce n’est que le béton, c’est lourd ).

    Après tout, comment pourrait-on réussir quelque chose si on n’essaie pas ?

    J’ai hâte de lire les commentaires de tes lecteurs à ce sujet.

    • Laeti dit :

      C’est une jolie comparaison, l’infusion, je trouve. Car finalement quand on prépare un thé, tout l’art consiste à laisser infuser le temps nécessaire mais pas trop au risque que le breuvage ne devienne imbuvable 🙂
      Concernant le ciment coincé dans le moule en inox, effectivement, cela semble compromis mais la persévérance est à mon avis une autre qualité à acquérir pour réussir.

      • Exactement Laetitia, je trouve qu’il est bon de laisser une idée faire son chemin en la regardant sous des angles différents avant de reprendre son projet. Comme lorsqu’on écrit un texte par exemple; à chaud, on ne remarque pas toujours les petits détails qui clochent alors qu’une relecture quelques jours après me parait toujours bien plus intéressante pour comprendre comment présenter les choses plus simplement.

        Bon, j’ai réfléchi à mon problème de béton – c’est évident : si l’inox est lisse, il manque de souplesse – ne reste plus qu’a sortir le marteau pour décoffrer puis laisser infuser encore un peu l’idée.

  2. Mymy Cracra dit :

    Alors déjà j’ai hâte de lire la suite de ta série d’articles.. comme toit j’avais envie de lancer une « consultation » sur mon blog et je ne l’ai pas fait car je pensais que ça n’allait pas intéresser grand monde.. bon voilà on est pile poil dans ton premier exemple.
    Pour ce qui est de la créativité en effet je suis clairement dans cette situation où j’aimerais faire plein de choses et que la plupart du temps je ne tente par ce que je voudrais que ce soit parfait tout de suite!
    Cependant plus je fais et plus je gagne en confiance car je suis capable de me lancer de plus « gros » défis par la suite…

    • Laeti dit :

      Oh mais tu devrais lancer ça, moi, ça m’intéresserait 😀 et je suis sûre que je ne suis pas la seule. Je trouve même que cela colle bien avec ton « Projet DIY ».
      Sinon, je rejoins vraiment ton point de vue concernant le gain de confiance en soi que permet la création. Tu sais, que j’ai même lu qu’il existait des thérapies basées sur ce concept. On connait les livres d’Art-thérapie mais certains psys ont mis en place des stages et exercices à faire pour gagner en confiance en soi par des activités artistiques. C’est fascinant!

  3. Mimila dit :

    Je devrais peut-être tenter le journal de satisfaction, car je me souviens plus de mes ratés que des pas en avant et ça m’aide pas à avoir confiance en moi !

    • Laeti dit :

      Parfois l’esprit humain a tendance à se focaliser sur le négatif. Tu devrais définitivement essayé, ça fait vraiment du bien ^__^

  4. Sabrina dit :

    Merci beaucoup pour cet article ! Pour ma part, en période de chômage pas agréable du tout, je me suis mise au tricot. Je ne sais pas si on peut parler de créativité, mais à ce moment-là, créer quelque chose de mes mains, une écharpe (aussi imparfaite fut-elle) qui avait abouti, et qui était beaucoup plus concrète que mes envois de cv sans réponse, ça a été un boost de confiance, d’énergie et de satisfaction personnelle.
    Hâte de lire la suite de tes articles.

    • Laeti dit :

      Bravo ! J’ai eu la chance jusque là de n’avoir jamais à rechercher un job pendant des mois (je croise les doigts) mais ça doit être horrible de travailler à peaufiner son CV, à écrire des lettres de motivation et à tout envoyer pour ne jamais recevoir aucune réponse. Bon courage pour la suite (et vive le tricot !!!)

  5. marionromain dit :

    Comme dirait ma mère, cet article est frappé au coin du bon sens, et pourtant, il faudrait que j’applique chacun des points abordés à ma propre pratique.

    Et ça : « Je me lance sans échafauder un plan quinquennal », ça je vais le noter sur un post-it et le coller au-dessus de mon bureau, obligé ! 🙂

  6. Vivyane Veka dit :

    Oh comme ton article tombe à point Laetitia ! Tellement, que je pourrais parler de synchronicité si j’osais, ou même de gémellité de doutes ! Ha, ha, en tout cas, il entre en écho sur de très nombreux points avec ma propre expérience 🙂
    Comme tu le dis si bien, je pense aussi que le doute est ce qui alimente beaucoup de créatifs pour le meilleur (et parfois pour le pire). Ce sujet ainsi que celui du processus créatif m’intéresse depuis un bout de temps et je me suis posée plein de questions (trop !) sur l’intérêt d’un tel thème sur mon blog : comment, à quel rythme, pour qui, pourquoi ?… Tu as raison le doute nous renvoie souvent à un manque de confiance en soi et à un souci de légitimité qui ne font que retarder l’éventualité que quelque-chose qui nous tient à coeur se passe, par peur d’un échec, par souci de perfectionnisme…
    Pourtant, je suis convaincue que tous nos questionnements sont utiles, car ils sont communs à bon nombre d’entre nous. Et je crois que si le partage de ces expériences et de ces interrogations est basé sur l’authenticité et la sincèrité, qu’il ouvre aux échanges, alors il est quasi-certain qu’il touchera suffisamment de personnes pour se justifier à lui-même.
    Bravo pour ce cheminement Laetitia et merci de nous le faire partager ! Pour appuyer sur « pause », je retiens ton idée du journal des satisfactions quotidiennes : je suis sûre que ça peut m’être très utile 🙂

  7. Laeti dit :

    Merci Vivyane de ton partage. Je vois que nos réflexions se rapprochent. J’ai reçu beaucoup d’encouragements et de retours sur cette série de billets alors tu devrais te jeter à l’eau aussi, si tu souhaites lancer une série sur ce type de sujets. En plus, c’est pas mal aussi à titre personnel de faire le point, je trouve !

  8. durand dit :

    super intéressant, je ne te connaissais pas mais j’aime ton univers! Je développe une platefome mag sur la créativité enfants, parents et pro!!! viens me rejoindre pour en parler et partager!!! http://www.creazine.fr
    Au plaisir de lire la suite!

  9. Article intéressant à lire!
    De mon côté, je n’ai aucun souci avec ma créativité, j’ai totalement confiance dessus (alors que dans d’autres domaines, la confiance se fait parfois toute petite), j’ai une idée, géniale, je la note et si j’ai le temps (ou je me crée du temps) et je commence à la créer!

    Si tu ne le connais pas déjà, je te conseille le livre d’Elizabeth Gilbert – Big Magic!
    Elle propose de voir nos idées non pas comme étant les nôtres mais comme venant d’un « génie créatif » à l’extérieur de nous. Cela te permet de déculpabiliser si l’idée est nulle et qu’elle amène à un échec.
    Elle raconte pleins d’autres choses utiles aussi, un livre à lire pour toutes créatives. =)

  10. Gaëlle dit :

    Bonsoir.
    Belle réflexion. Je dois avouer que j ai pas mal réfléchi sur le sujet… côté confiance en soi, on a vu mieux mais je me soigne. Donc, oui la confiance en soi est nécessaire pour que la créativité puisse se développer.
    OK il n est pas nécessaire d en avoir des tonnes mais juste assez pour oser. Oser montrer ce que l on sait faire, oser se mettre à nu et s exposer aux critiques, oser laisser notre imagination nous embarquer et lui donner carte blanche…
    Comment ai-je oser ? Après une longue pause, un jour, j ai repris les crayons. J ai griffonné pour le plaisir. Ça n était qu un petit dessin sans prétention mais pour la première fois, j ai senti qu il était en accord avec ce que j avais voulu créer. J avais fait tant de dessins à la manière de… et pour la 1 ère fois, c était moi qui ressortais sous les traits. Je l ai montré à ma maman (ok on se dit : pas forcément objective…), à mon meilleur ami…. et là, la confiance a commencé à s installer. Donc je l ai montré à un public plus exigent : les enfants. Parce que les enfants, c est cash. Leur réaction est spontanée, intransigeante…
    Depuis, je dessine des P’tits Bonhommes, je les ai protégés et ils ont leur marque. ..
    Comment je mets sur pause ? Facile : j ai 5 neveu et nieces et pas un n aime la même chose… mais chacun trouve dans mes creations quelque chose qui le touche… Donc toujours se rappeler qu il faut de tout pour faire un monde, qu on ne peut pas plaire à tout le monde et qu il faut toujours oser.
    Allez j arrête de vous raconter ma vie et je retourne bosser.
    Bonne soirée 😉

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A propos

Elevée aux loisirs créatifs, j'ai toujours aimé jouer avec les ciseaux, les aiguilles et les crayons à dessin. Dans la vie, j'écris des livres et des DIY (si c'est un métier), je crée de la papeterie, j'arpente les vide-greniers mais j'aime aussi garder du temps pour regarder des nanars français des années 70, si possible avec Jean Rochefort, mon acteur fétiche.

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