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Voiture 19, place 55

Voiture 19, place 55

Train enfantsSe lever trop tôt pour un dimanche. Déjeuner. Se préparer.
Prendre le métro. Arriver avec 20 minutes d’avance.
Retirer les billets. Faire un tour au Relay H. Regarder le panneau des départs. Rejoindre la voie 2.
Fouiller son sac, tout retourner et enfin retrouver ce satané billet. Vérifier voiture et place. Avancer sur la voie, avancer jusqu’au bout du quai. Voir au loin un attroupement. Craindre que ce ne soit la voiture 19. Continuer d’avancer. Regarder, sceptique, l’attroupement d’adultes et de jeunes en tee-shirt orange. Décrypter le mot « animateur » sur les tee-shirts oranges. Rager en silence.
S’installer dans la voiture 18. Bouger 3 fois de places. Se résoudre à rejoindre la voiture 19, place 55.
Ouvrir la porte. Entendre ce brouhaha mélange d’ouverture de paquets de bonbons, de musiques mélangées, de rires et de cris, d’échange de magazines, de grignotage de chips. Se dire qu’on s’est levé trop tôt pour supporter ça. S’installer quand même. S’étonner du nombre de gamins qui lisent l’Equipe. S’apercevoir qu’il n’y a que des garçons. Imaginer un stage de foot. Se demander pourquoi on n’a pas pris une première classe. Se dire que ça ne dure qu’une heure. Chercher une aspirine. Ne pas en trouver. Demander au garçon derrière d’arrêter de mettre des coups de pieds dans le siège. S’étonner du système de placement de la SNCF qui ne regroupe pas tous les ados au même endroit et les éparpille avec les autres voyageurs dans tout le wagon. Regarder sa montre. 10h05. Deviner une sonnerie d’un téléphone. Deviner sa sonnerie de téléphone. Répondre. Renoncer à se déplacer jusqu’au sas pour ne pas déranger les voyageurs. Raccrocher. S’apercevoir qu’on a déjà râté 3 appels. Ne pas oser sortir sa DS de peur de créer une émeute. Sortir son livre. Lire un paragraphe. Ne rien y comprendre. Relire le paragraphe. Fermer le livre.
Se rappeler du jeu « Dans ma valise, je mets … opladi oplada … oh, yellow yellow ouistiti». Demander au garçon derrière d’arrêter de mettre des coups de pieds dans le siège. Maudire le système de placement de la SNCF. Hésiter à déplacer les bagages vers la voiture bar. Regarder sa montre. 10h25. Fermer les yeux. Attendre. Ecrire tout ça. Jeter un coup d’œil dehors. Reconnaître un paysage familier. Entendre l’animateur annoncer l’arrivée. Avoir la présence d’esprit de tout ranger et de partir avant eux, dans l’autre sens. Entendre le jingle SNCF.
Sortir du train. Acheter de l’aspirine.

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  • Ca aurait pu être pire ! Imagine, tu rentres dans la voiture, et à toutes les places y’a des bonobos, sauf à une qui est occupée par le dresseur. Comment ? Les singes ne prennent pas le TGV ?

  • Hmmm, moi aussi je maudit souvent la SNCF… – -‘

    Tomber à côté d’un grung dont le slogan est :  » no washing », et qu’en plus, il a un rhume et pas de mouchoir. Ou encore à devant les rebelles du train qui boivent de la vodka orange, fument des roulées alors que c’est interdit et mettent des rappeurs miteux à fond avec le son pourri de leur portable? Et bien évidement personne ne dit rien. Moi non plus d’ailleurs. Hu, et dire que le slogan de la sncf c’est : « accélérateur de rencontres. »

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