Vous lisez
La boutique la plus étrange de Paris

La boutique la plus étrange de Paris

Deyrolle

Samedi, comme vous le savez (sinon voir plus bas), je me suis un peu attardée rue de Bucci, attirée (comme un papillon ?) par les lumières de la ville. Mais le but de ma promenade était de rejoindre le 46 rue du Bac pour découvrir une boutique dont j’avais entendu parler depuis des lustres, sans jamais y poser les pieds. Certainement une des boutiques les plus étranges de Paris, si ce n’est la plus étrange : Deyrolle, taxidermiste.

Quatre salons en enfilade remplis d’animaux naturalisés, de papillons et d’insectes à épingler, de trophées de chasse et de planches biologiques : c’est … comment dire … « assez particulier« , comme dirait ma belle-mère (ça, ça veut dire que ça la dérange). Je comprends qu’on peut ne pas aimer. D’ailleurs, personnellement, les animaux empaillés (ce qui n’est pas tout à fait exact, ils sont naturalisés), j’approuve pas du tout. Surtout les trophées de chasse.

Mais ce qui est contradictoire, c’est que là, ça ne m’a pas choqué plus que ça. Je ne sais pas si c’est l’univers hors du temps, l’ambiance fascinante de cabinet de curiosité géant, l’impression d’avoir débarqué dans une arche de Noé figée pour l’éternité ou l’atmosphère historique du lieu (on se croirait dans un musée) qui m’ont enlevé toute émotion compationnelle pour ces pauvres petits lapins, biches, ours, tigres… mais j’étais complètement fascinée. J’étais redevenue la petite fille, qui, au zoo, ne se rendait pas compte de la tristesse du spectacle qui s’offrait à elle. J’avais presque une envie irrésistible de caresser l’intérieur des oreilles de l’âne (ou de repartir avec un petit lapin) et il a fallu que mon esprit recadre bien les choses « Tu veux vraiment toucher un animal mort depuis un siècle ? » pour m’arrêter.

Pour les plus sensibles, sachez tout de même que je me suis renseignée. Les animaux proviennent soit de collections anciennes de Deyrolle, soit d’animaux issus de réserves zoologiques, de cirques ou d’élevages pour les oiseaux. Aucun animal dont la survie est menacée n’est commercialisé ici.

Voir les commentaires (23)
  • Quand j’étais petite, j’avais une amie dont le père était taxidermiste, il avait un atelier où on avait parfois le droit d’aller, ça me fascinait, exactement cette ambiance de « cabinet de curiosités », y avait même un tigre!! J’adorais aller chez elle, c’était à la fois magique et effrayant…

  • Je suis déjà allée là et j’ai ressenti exactement ce que tu racontes-là, je n’aurais pas su l’exprimr aussi bien. Lorsqu’on passe la porte, on entre dans une autre réalité, ou les codes ne sont plus les mêmes… Alors que pourtant Dieu sait que la taxidermie m’horrifie, ne parlons pas du trophée de chasse.

  • Très juste ton billet… En cm2 pour la classe des neiges, nos profs avaient eu la curieuse idée de nous emmener visiter la taverne d’un taxidermiste… Pouah, irréel et aussi fascinant que désagréable. Je n’exposerais pas ça dans mon salon, mais il faut reconnaître que les bestioles empaillées ont quelques raisons d’être, dans les musées d’Histoires Naturelles, pour la gloire du souvenir disons !

  • Dis donc ils ont l’air plutôt bien conservés ces animaux! Ceux du museum d’histoire naturel y sont beaucoup moins…
    Mon père a fait naturalisé 2 canards assez rares :bof
    Je suis sûre que ma tante fera naturaliser son york à sa mort LOL

  • Je me surprends moi même à aimer cet univers ! Et pourtant je déteste les animaux empaillés, je les trouve malsains. Mais ici la boutique est à la fois jolie et intriguante. C’est une belle trouvaille !

  • Xia AKA Hisaux > Je n’aimerai pas m’y retrouver enfermée la nuit.

    Claire > Ce n’est pas moi qui te jeterai la pierre : ma meilleure amie avait un père marbrier funéraire … (et un grand atelier pour jouer).

    Corinne > Oui. Fan-ta-stique.

    Anne-So > C’est absolument fou cette sensation !

    Mlle Soso > Le pire étant les gens qui naturalise leur chien ou leur chat. Pouah …

    Miss Brownie > oui, ils sont plutôt en bon état … et les petits lapins, ils ont l’air super doux … (mais je ne les ai pas touchés).

    Ptit Chat > L’endroit est magnifique. Les couleurs, les vieilles vitrines, le parquet, tout est d’époque, je pense.

    Fanette > Un autre monde… c’est tout à fait ça. Comme si tu étais de l’autre côté du miroir. (sauf que le lapin blanc à tout son temps maintenant …)

  • Ce qui est chic dans cette boutique, c’est qu’elle évoque plus la galerie de l’évolution ou un vieux film anglais troublant, qu’un repère de chasseur qui exhibe ses canards massacrés.
    J’adore cet endroit parce que quand je passe devant un ours blanc (en peluche ou naturalisé), je n’ai qu’une envie, c’est de le caresser; Exactement comme quand je passe devant une mamie en manteau de vison !

  • je toruve cela à la fois glauque et fascinant! car c’est quand même un sacré metier! et quand on voit le resultat c’est bluffant!

    bon de là a acheter un exemplaire, certainement pas! mais ce qui ets touchant ce sont quand même les gens qui n’arraivant pas à faire face à la mort de leur animal de compagnie, leur offre ainsi une nouvelle vie …

  • Bonjour, j’ai pensé à ton article, le magasin a été victime d’un incendie ce WE, une grosse partie de la collection a brûlé.

  • Très bonne description de cette ambiance incomparable du lieu. Une fois les clichés dépassés on apprend à connaître un métier injustement décrié. Et travaillant au musée d’histoire naturelle de paris, j’ai appris à connâître les secrets de cette profession.
    Bien à vous
    Prof B

Répondre

Votre adresse email ne sera jamais publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


© 2021 Vert Cerise - Laetitia Lazerges - Tous droits réservés
12 rue Vivienne, lot 3 - 75002 Paris

Inscrivez-vous à la newsletter

"Autant chercher une aiguille" est la newsletter (ré)créative du blog, envoyée une ou deux fois par mois pour faire le plein d'inspirations et d'idées créatives. Indiquez simplement votre email ci-dessous pour la recevoir.

Holler Box

Inscrivez-vous à la newsletter

"Autant chercher une aiguille" est la newsletter (ré)créative du blog, envoyée une ou deux fois par mois pour faire le plein d'inspirations et d'idées créatives. Indiquez simplement votre email ci-dessous pour la recevoir.

Holler Box